photos non contractuelles
De la période 1939/1945, beaucoup de choses ont été écrites et dénoncées mais il est un événement donc peu d’ouvrages parlent : l’internement des hommes juifs algériens (dont on avait enlevé la nationalité française avec l’abrogation des décrets Crémieux), juifs marocains dans des camps de travail forcé : Bedeau, Bossuet, Magenta… On les avait mobilisés pour défendre le territoire français mais ils furent internés dans des camps ! Etait-ce l’antichambre de la mort si les nazis avaient réussi à s’imposer en Afrique du Nord ?
J’ai découvert Bedeau à travers l’histoire d’un homme David Benasouli, puis d’un second Jacques Benichou, vous retrouverez dans cet ouvrage, le vécu de ces internés de Bedeau, ceux de la première heure, dès 1941, ceux arrivés en 42 alors même que les américains libéraient l’Afrique du Nord. Ils ont ensuite libéré la France…
Justice n’a pas été rendue à ces hommes même près de 70 ans après, justice n’a pas été rendue à leurs enfants dont vous pourrez également lire des témoignages poignants…
Cet ouvrage n’a pas été fait pour remplacer la reconnaissance de l’internement politique de l’ensemble de ces hommes par l’Etat français mais pour que leur mémoire perdure, pour leur rendre un chaleureux hommage. Vous allez rentrer petit à petit dans cette histoire à travers des documents officiels conservés par Mr Benichou et à travers des histoires personnelles. Je ne me permettrai pas de commentaires car les écrits, documents officiels et récits parlent d’eux-mêmes.
Ce document fait plus de 150 pages avec les récits de vie de Mr Benasouli et de Mr Benichou… mais il sera complété par les témoignages que les enfants de ceux de Bedeau nous font régulièrement parvenir.
Auteur de l'ouvrage : Frédéric Praud Biographe
(Réception de l'ouvrage sur votre mail en document PDF par un lien à télécharger dès que le réglement a été effectué)
Dans le cadre de cet ouvrage et après sa période Bedeau, le récit de mr Benasouli vous amènera à Monte Cassino... mais point de médailles pour eux, car on leur avait enlevé la nationalité et en leur redonnant, il aurait fallu médailler des juifs ! Quand l'Etat français remerciera-t-il ces hommes là?
Vous allez découvrir de nombreux documents officiels trop longtemps cachés et méconnus
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Nous, Juifs mobilisés à Bedeau déclarons ce qui suit :
« Nous détestons le nazisme, nous le détestons parce qu’il torture la France meurtrie et parce qu’il persécute spécialement les juifs.
Il ya deux mois est né en nous un espoir immense, celui de reprendre la lutte avec des armes modernes et de contribuer à l’écrasement définitif de l’ennemi de l’humanité.
La réalisation de ce vœu nous a été refusée.
Rassemblés pêle-mêle, fantassins, artilleurs, cavaliers, aviateurs, nous avons été transformés en pionniers.
Certes, nous savons que les pionniers sont absolument nécessaires au combat dont ils partagent toutes les souffrances et tous les risques.
Mais qu’on nous ait retirés de nos unités respectives et qu’on nous ait tous transformés en travailleurs, au mépris de l’utilisation des compétences, ce fait ne peut avoir qu’un conséquence dans le public : nous présenter comme suspects ou incapables de combattre les armes à la main.
Nous déclarons que personne n’a le droit de douter de notre valeur combattive ; ce serait insulter à la mémoire de nos aînés qui reposent encore par milliers en terre de France.
Nous exprimons le profond regret de nous voir délibérément exclus de la lutte actuelle dont nous demeurons les champions ardents.
Certes, contrairement à ce qui se passe pour tous les autres citoyens mobilisés, on nous offre de nous engager individuellement. D’ailleurs, on avise les volontaires qu’ils serviront à titre spécial dans des unités spéciales. Nous ne pouvons accepter un tel engagement.
En 1940, nous nous sommes battus comme français. Depuis, on nous a exclus de la communauté nationale.
Ces mesures injustes, nous les avons subies, mais jamais nous n’en avons admis le bien-fondé.
Nous engager aujourd’hui équivaudrait de notre part à reconnaître nous-mêmes que nous ne sommes plus les français. Nous nous refusons à faire cet impossible aveu.
Notre refus ne signifie donc pas que nous approuvons le sort qui nous est fait, au contraire, nous déclarons hautement que cette situation nous est imposée et nous en rejetons entièrement la responsabilité.
Et nous sommes prêts à en faire la preuve.
Qu’on nous affecte tous automatiquement dans les unités auxquelles nous étions normalement destinés, qu’on nous permette de combattre chacun selon ses compétences, mais dans la dignité comme tout le monde.
Qu’on nous le permette, et tous unis nous répondrons « Présent ».
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Alger, le 24 Décembre 1942
Le Docteur HENRI ABOUIKER
Chirurgien Spécialiste de l’Hôpital
Chargé de cours à la Faculté de Médecine
Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre, Mutilé,
Président du Comité d’Etudes Sociales
A
Monsieur le Général GIRAUD
Commandant en chef les Forces Françaises de l’AFRIQUE DU NORD
Mon Général,
Au nom des Juifs d’Algérie dont j’ai le grand honneur d’être le porte-parole, j’ai le devoir de vous renouveler la protestation contre la loi militaire que j’ai adressée le lundi 7 Décembre à Mr. L’Amiral DARLAN Haut-commissaire en Afrique française et dont vous avez eu connaissance.
Je vous signale à nouveau que les dispositions militaires d’inspiration hitlérienne en vigueur contre les Juifs (Exclusion des Officiers et des Sous-officiers de l’Armée régulière) ont été aggravées depuis le 8 Novembre par de nouvelles mesures d’exception......
.................... la suite de ce document est dans l'ouvrage.....
Nous tenons à vous informer que les premiers passés à Bedeau viennent de se voir reconnaître le titre d’interné politique par l’Etat français en 2009, mais cela ne vaut que pour les internés de 1941... mais pourquoi ne donne-t-on pas cette même reconnaissance aux 12000 internés de 1942, sous la France Libre ? Il est plus facile de donner cette reconnaissance aux internés sous Vichy, que sous Giraud en terre française libérée par les américains ? Il reste encore un combat à gagner par vous, les enfants et les petits enfants des internés et par tout le monde qui se bat contre les injustices. Faire respecter la mémoire des uns permet à tous d’avancer dans le combat pour les droits humains...
(Réception de l'ouvrage en document PDF par un lien à télécharger dès que le réglement a été effectué)