On appelle les « mémoires » la relation entretenue par une personne ou par un groupe de personnes avec un événement donné. On parle ainsi souvent des mémoires de la guerre d’Algérie, en tenant compte de la différence entre les mémoires des harkis et celles des soldats rebelles par exemple, ou bien des mémoires de la Seconde Guerre Mondiale avec les mémoires des français sous l’occupation, les mémoires des Résistants, les mémoires des victimes des camps de concentration… Les historiens s’appuient souvent sur ces mémoires pour explorer différentes facettes d’un même événement. Notons d’ailleurs que le rapport de l’historien avec les mémoires de la guerre d’Algérie et de la Seconde Guerre Mondiale sont au programme d’Histoire des terminales, ce qui permet aux lycéens de l’enseignement général d’apercevoir le travail de l’historien et de comprendre que chaque événement a plusieurs visages.
Les mémoires se transmettent le plus souvent par écrit et occupent donc une place importante dans la littérature. Les lettres échangées entre le front et le reste du pays durant la Première Guerre Mondiale constituent un témoignage important, et en les regroupant dans des recueils tels que Paroles de Poilus on peut avoir une assez bonne représentation des mémoires de la Grande Guerre. On peut également considérer le journal d’Anne Frank par exemple comme un témoignage des mémoires juives sous l’holocauste.
Les mémoires, s’inscrivant dans la littérature, marquent de façon indélébile l’Histoire, la culture, et donc, en conséquence logique, la société toute entière. L’étude des mémoires dans la littérature permet de s’immiscer dans une multitude de points de vue différents, ce qui est indispensable pour comprendre un événement complexe. C’est également un témoignage du passé, des pensées de personnes ayant existé et qui par l’encre se rendent immortels.
Mais le temps faussent les souvenirs, c’est pourquoi se sont les lettres qui sont le plus riche en ce qui est des mémoires, puisqu’elles sont écrites sur le moment et non rétrospectivement.